Edward Hopper est né en 1882 à Nyack, une petite ville au bord de l'Hudson, au nord de New York. Encouragé par ses parents, il étudie d'abord l'illustration, puis la peinture auprès de Robert Henri, chef de file des peintres réalistes new-yorkais, qui pousse ses élèves à représenter la vie moderne sans l'embellir. Entre 1906 et 1910, il séjourne à trois reprises à Paris. Il y peint les quais de la Seine et les ponts dans une lumière claire, et découvre les cadrages audacieux d'Edgar Degas et la sobriété d'Édouard Manet.
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Edward Hopper est né en 1882 à Nyack, une petite ville au bord de l'Hudson, au nord de New York. Encouragé par ses parents, il étudie d'abord l'illustration, puis la peinture auprès de Robert Henri, chef de file des peintres réalistes new-yorkais, qui pousse ses élèves à représenter la vie moderne sans l'embellir. Entre 1906 et 1910, il séjourne à trois reprises à Paris. Il y peint les quais de la Seine et les ponts dans une lumière claire, et découvre les cadrages audacieux d'Edgar Degas et la sobriété d'Édouard Manet.
De retour à New York, Hopper gagne sa vie pendant près de vingt ans comme illustrateur publicitaire, un métier qu'il déteste. Il vend un seul tableau en dix ans, à l'Armory Show de 1913. La reconnaissance arrive enfin en 1924, lorsqu'une exposition de ses aquarelles se vend entièrement. La même année, il épouse la peintre Josephine Nivison. Elle posera pour presque toutes les figures féminines de ses tableaux et tiendra méticuleusement le registre de ses œuvres.
Ses sujets sont ceux de l'Amérique ordinaire : une chambre d'hôtel, une station-service au crépuscule, une salle de cinéma, un bureau vu depuis le métro aérien, une femme assise au bord d'un lit, baignée par le soleil du matin. Hopper renouvelle ainsi les scènes de genre en peignant des moments où rien ne se passe, où les personnages semblent attendre sans que l'on sache quoi. Nighthawks, peint en 1942 et acheté la même année par l'Art Institute de Chicago, en est l'exemple le plus célèbre. Derrière la grande vitre d'un diner éclairé au néon, quatre personnages veillent au comptoir, sur fond de rue déserte. Hopper affirmait s'être inspiré d'un restaurant de Greenwich Avenue, près de son atelier.
Les bâtiments tiennent une place essentielle dans son œuvre. Façades de briques, vitrines, toits et fenêtres ouvertes structurent ses compositions et font de lui l'un des grands maîtres de la peinture d'architecture. Dans Early Sunday Morning, une simple rangée de boutiques fermées, écrasée par la lumière rasante du matin, suffit à créer une atmosphère inoubliable.
À partir de 1934, les Hopper passent tous leurs étés dans une maison qu'ils ont fait construire à South Truro, au cap Cod. Hopper y peint des phares, des maisons isolées dans les dunes, des routes désertes et des voiliers, dans une lumière blanche et crue. Ces marines et ces paysages de la Nouvelle-Angleterre sont presque toujours vides de personnages. Hopper meurt en 1967 dans son atelier de Washington Square, qu'il occupait depuis plus de cinquante ans.
Figure majeure du réalisme américain, il a aussi profondément marqué le cinéma. Ses cadrages, ses éclairages et ses personnages solitaires ont inspiré Alfred Hitchcock, Wim Wenders, David Lynch ou Todd Haynes, et nourrissent encore aujourd'hui l'imaginaire visuel des villes américaines.
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