Raoul Dufy est né au Havre en 1877, dans une famille nombreuse et passionnée de musique. À quatorze ans, il travaille déjà pour un importateur de café, tout en suivant le soir les cours de l'École municipale des beaux-arts de la ville, où il se lie avec Othon Friesz. Le port, les voiliers, les quais animés et les ciels changeants de l'estuaire de la Seine forment très tôt son regard. En 1900, une bourse lui permet de rejoindre l'École des beaux-arts de Paris.
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Raoul Dufy est né au Havre en 1877, dans une famille nombreuse et passionnée de musique. À quatorze ans, il travaille déjà pour un importateur de café, tout en suivant le soir les cours de l'École municipale des beaux-arts de la ville, où il se lie avec Othon Friesz. Le port, les voiliers, les quais animés et les ciels changeants de l'estuaire de la Seine forment très tôt son regard. En 1900, une bourse lui permet de rejoindre l'École des beaux-arts de Paris.
Ses premières toiles doivent beaucoup à Eugène Boudin et aux impressionnistes. Tout bascule en 1905, lorsqu'il découvre Luxe, calme et volupté d'Henri Matisse au Salon des indépendants. Dufy racontera plus tard qu'il comprit à ce moment toute la nouvelle raison de peindre. Il rejoint le fauvisme et peint en 1906 les rues pavoisées du Havre et les affiches de Trouville, dans des couleurs pures et éclatantes. En 1908, il travaille à L'Estaque aux côtés de Georges Braque, son compatriote havrais. Sous l'influence de Cézanne, sa palette se fait plus sobre et ses formes plus construites, sans pour autant qu'il s'engage dans le cubisme.
Les arts décoratifs lui offrent ensuite un nouveau terrain. En 1910, il illustre de gravures sur bois Le Bestiaire de Guillaume Apollinaire. Le couturier Paul Poiret remarque ces images et lui confie la création de tissus. Pendant près de quinze ans, Dufy dessine des centaines de motifs pour la soierie lyonnaise Bianchini-Férier, puis réalise des céramiques et des tapisseries. Ce travail, à la charnière entre l'Art nouveau et l'Art déco, affine son sens du motif et du rythme graphique. On le retrouve dans ses nombreux bouquets d'anémones et ses fleurs aux couleurs vibrantes.
Dans les années 1920, Dufy trouve son style définitif. Selon une anecdote qu'il aimait raconter, il aurait remarqué sur le quai de Honfleur qu'une petite fille en robe rouge laissait dans son œil la couleur de sa robe plus longtemps que sa silhouette. Il en tire le principe de sa couleur-lumière. Il pose d'abord de grandes zones de couleur transparente, puis trace par-dessus, d'un dessin noir rapide et souple, les chevaux, les bateaux et les promeneurs. Les régates de Deauville et de Cowes, les champs de courses d'Epsom et d'Ascot, la baie des Anges à Nice deviennent ses sujets de prédilection, et font de ses marines et de ses paysages des images de fête et de plein air.
En 1937, il réalise pour l'Exposition internationale de Paris La Fée Électricité, une gigantesque peinture de plus de six cents mètres carrés qui raconte l'histoire de l'électricité, d'Aristote aux centrales modernes. Elle est aujourd'hui exposée au musée d'Art moderne de Paris et reste l'une des plus grandes œuvres picturales jamais réalisées.
Fidèle à la passion familiale, Dufy peint aussi la musique. Violons posés sur une console, hommages à Mozart et à Bach, orchestres saisis en plein concert traduisent les sons en couleurs et en rythmes. Il revient sans cesse à ce thème dans ses dernières années, malgré une polyarthrite qui le fait souffrir. En 1952, un an avant sa mort à Forcalquier, il reçoit le grand prix de peinture de la Biennale de Venise.
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